Témoignages

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Le témoignage de Persa Tzeferakou, la Présidente de l’Association Magna Mater : Interview dans le magazine grec Traffic, 20.04.2006

« Après 21 FIV tentatives, j’ai finalement devenu mère »

Persa Tzeferakou, 42 ans, tient dans ses bras ses jumeaux fils, 9 mois. Après 20 ans d’efforts et 21 tentatives de FIV, elle a finalement réussi et trouvé la joie. Depuis, elle a consacré sa vie aux autres femmes qui aimeraient avoir des enfants mais n’y arrivent pas. Histoire par Yanna Triantafyllou.

« Je suis mariée il y a vingt ans et comme toute autre jeune femme je souhaitais vachement un enfant à moi. Le temps passait et à un moment, quand mon mari et moi nous sommes rendu compte que nous avions un problème d’infertilité nous avons contactée des docteurs spécialisées. Ils nous ont dit que la seule façon d’avoir un enfant était par FIV. Cette nouvelle m’a porté un coup terrible. À l’époque, il y a vingt ans, la fécondation in vitro était encore expérimentale en Grèce, ses résultats n’étaient pas rassurants, et le coût était vraiment insupportable. Mais, qu’est-ce que je pourrais faire ? Je n’avais pas de solution alternative. Depuis ce moment là, mon effort a commence et il a dure pendant vingt ans.


Efforts sans cesse
J’ai fait un, deux, trois efforts ... ils ont tous échouées. Au dixième, je sentais que ma force m’abandonnait petit à petit. Les années passaient et moi, j’ai commencé à désespérer. Les docteurs m’avaient dit que le temps qui passait était mon ennemi, comme c’était le cas pour beaucoup d’autres femmes comme moi. Le plus jeune qu’elle est une femme, elle a meilleures chances à devenir enceinte. Ainsi, j’ai ramassé mes espoirs et j’ai continué mes efforts. Les années suivantes, je faisait une effort après l’autre sans aucun succès. J’étais désespérée, physiquement et psychologiquement. J’ai demandé mon mari pourquoi c’était moi qui avais ce problème, pourquoi je ne pouvais pas avoir une maison remplie des rires et des voix des enfants que je voulais autant…


Bonnes …nouvelles !
Chaque fois que le docteur m’annonçait que mon effort avait échoué encore une fois, je pensais que je deviendrais folle. C’est comme s’il faut pleurer la perte de son enfant à plusieurs reprises, c’est à dire chaque fois que son effort échoue. De l’autre côté, tu te sens complètement isolée de tout le monde ; tu ne veux rien d’autre ; tout autour de toi concerne cet enfant. La situation devient encore pire comme le temps passé et tu te rends compte que tu deviens plus âgée et que la fenêtre d’opportunité se rétrécit. Pourtant, je n’ai pas abandonné mais j’ai continue à faire des efforts. J’ai réussi à me débrouiller toute seule encore une fois. J’ai dit : « Persa, continue, tu vas réussir. Il n’y a rien mauvais avec toi. Plusieurs femmes à ta place ont réussi à la fin. Tu vas réussir aussi.” J’ai arrêté pour quelque temps et après j’ai ramasse mon courage et avec le support de mon docteur j’ai fait encoure un effort. J’avais quarante ans et je savais que c’était maintenant ou jamais. Noël était proche et encore une fois j’attendais les résultats. J’étais accoutumée à recevoir de mauvaises nouvelles pendant vingt années. C’est pourquoi cette fois comme toutes les autres je les attendais sans aucun enthousiasme et comme toujours j’attendais de mauvaises nouvelles. Alors, quand le docteur m’a dit que le test était positif, je n’y croyais pas. Je croyais qu’il y avait quelque sorte de faute et que le docteur m’avait donné les résultats d’une autre femme. Seulement les femmes qui ont vécu ce genre d’effort, seulement les femmes qui ont été soumises plusieurs fois à l’hôpital et ont pleuré pendant plusieurs nuits, elles seules peuvent comprendre ce que j’ai éprouvé ce jour là…


Un cadeau de Dieu
Et pourtant, il était vrai. Mon rêve a été réalisé et tout d’un coup, je me sentais finalement toute une autre personne, heureuse et profondément satisfaite, une future maman. Pour moi, ainsi que pour mon mari, c’était le plus important moment dans notre vie ; Je crois vraiment que nous n’éprouvons pas tels forts sentiments, telle joie jamais plus dans notre vie. Notre joie a doublé quand nous avons vu et nous avons écouté dans l’écran ultrasonore deux rythmes cardiaques pendant un rendez-vous chez le docteur pour contrôler la fonction cardiaque du foetus. J’attendais jumeaux ! Je suis sortie du cabinet du docteur semblant ivre; ivre de cette joie à laquelle je ne m’attendais pas! Jusqu’aujourd’hui, je remercie Dieu chaque moment et tous les jours pour son cadeau, pour avoir donne justice à un effort qui durait pendant vingt ans.”

 

Persa Tzeferakou, la Présidente de l’Association Magna Mater et membre de l’Autorité Nationale Hellénique pour la Procréation Médicalement Assistée EAIYA, était avec raison une des personnes qui ont fondée l’Association Magna Mater, puisque elle a donné naissance à deux enfants après 22 tentatives de FIV.

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